Maison-boulot-dodo et Aspi


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14 Mar

Un petit article pour parler du travail en tant qu'asperger. 

Je ne vais pas vous dire quel métier faire ce serait ridicule ! Un asperger peut tout faire avec des aménagements, sans aménagement aussi mais ça ne durera pas longtemps ou il tombera malade ou en dépression, en tout cas épuisé pour sûr ! Voici une bd que je recommande et qui parle d'une Asperger au travail...

Cela fait 25 ans que je suis entré dans le monde formidable du travail.

Cela m'a apporté l'indépendance financière : j'ai acheté une voiture... les voyages forment la jeunesse parait-il ! Bon moi, moi je n'ai visité que les départements voisins pas plus, mais c'est déjà bien de découvrir sa région n'est ce pas ? Avec cet l'argent gagné par mon labeur j'ai eu un logement, des vêtements (au fil des années j'ai appris que je ne savais pas bien les choisir, mes vêtements :-)... l'esprit de consommation était entré en moi...

Vous remarquerez que je n'ai pas parlé des grandes amitiés accueillies à bras ouvert par le biais du travail. Tout simplement parce que c'est maintenant que l'on revient sur terre, pour constater que je n'ai jamais pu tenir plus de 1 an et demi dans un même poste et c'est mon meilleur score. Sur 25 ans j'ai donc changé énormément de travail.

Ce tableau dressé, il faut enlever 2 ans d'armée (dont 1 an de mise aux arrêts... je ne pouvais pas supporter certains principes...), 5 ans d'institut de théologie, pour le reste beaucoup d'intérim. Le pire dans tout cela, c'est que j'étais à chaque fois très bon dans le travail, mais alors quoi ?

Sachez que je n'avais aucune conscience du syndrome d'Asperger, donc je m'adaptais à un monde hostile. Pour moi ce monde était et est encore incompréhensible. Ne pas comprendre les intéractions sociales, le besoin de parler de la vie de chacun ou encore de la température extérieure... quand on ne veut pas rester avec les collègues à la machine à café plus de 2min (déjà un effort), votre sort est jeté par la populace en furie.

J'ai toujours eu l'impression que l'on m'agressait, et moi je donnais l'impression de dureté car mes propos allaient toujours au but sans détour. Qui, dans le cadre de son travail a envie de parler à un monstre ?

Pas facile dans ces conditions de pérenniser un emploi car j'étais incapable de en créer une complicité avec les collègues. L'adaptabilité a une limite surtout lorsqu'elle ne se fait que dans un sens.

Pour finir, voici un exemple concret très parlant :

Avec ma femme nous devions déménager pour revenir dans notre région dans le sud (histoire de famille et marre d'un climat horrible). Il me fallait un nouveau travail. En voyant une pub, je me suis lancé dans une formation de chauffeur de bus scolaire. Ma pensée était la suivante : je vais être tranquille tout seul au volant, les jeunes seront respectueux et calmes, forcément c'est pour leur sécurité...

Comment vous dire ?!?!?! Ça ne s'est pas du tout passé comme prévu. J'avais raison, en partie, le matin ils étaient raisonnablement calmes et j'étais seul au volant MDR. Mais là où je n'avais pas vu le souci c'est que sur la route je ne suis pas seul, qu'un bus a cette particularité, il engendre chez TOUS les autres conducteurs l'idée que je ne roule pas assez vite, DONC il faut le doubler à tout prix et pourquoi pas lui couper la route (Bin quoi ? c'est logique il va pas vite). Les piétons et cyclistes pareil...

Dans le car maintenant, entre 20 et 60 gamins survitaminés, prêt à faire les marioles pour plaire aux filles (selon eux) ou à montrer qu'ils sont de vrais rebelles. Traduction : Je devais sur un circuit de 12 min m'arrêter jusqu'à 3x pour les calmer, surveiller en permanence car il y avait toujours 2-3 fous prêts à déchirer les sièges ou y mettre le feu, sans parler des hurlements, cris, chants qui entrainaient le car entier. Bref que du bonheur !

Toutes ces sollicitations extérieures et intérieures faisaient de moi une boule de nerf. Le matin lorsque je rentrais au dépôt, je tombais sur le volant, totalement épuisé. Ma femme avait peur qu'il y ait un accident tellement j'étais fatigué. La suite logique : arrêt maladie puis demande de licenciement car je sentais que je ne contrôlais plus la situation et mon corps ne tenait plus.

Vivre sans se savoir Asperger c'est pas mal d"erreurs dans le choix du travail, maintenant que je le sais, je ne referai plus ces choix inadaptés.

Aller c'est fini, A+ dans le bus lol

23Feb
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